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Date de mise à jour : 2018-03-30

Le Mensonge du Singe (2017)

Compagnie du Phoenix

Durée : 1h03

©Cie du Phoenix
©Cie du Phoenix
©Cie du Phoenix

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L'origine :

L’écriture de ce texte part d’une réflexion sur l’extension périphérique des villes qui nous offre de plus en plus un paysage identique. Lorsque nous entrons ou sortons d’une ville, nous traversons de longues lignes droites où s’étendent les mêmes hangars aux mêmes enseignes commerciales, les mêmes nœuds autoroutiers, les mêmes ronds-points, les mêmes zones pavillonnaires…En 2012, en France, 20 millions de personnes occupent ces zones pavillonnaires. Bien sûr, ces espaces séduisent par leur aspect « pratique », « tout-fonctionnel » ; on habite une zone pavillonnaire car à portée de main nous avons les services à la petite enfance, l’hyper centre commercial, les réseaux routiers.

Mais dans ce mode de vie standardisé, les classes sociales se diluent. Ce sont des zones urbaines où la parole est difficile à prendre (on ne verra jamais se soulever un mouvement d’indignés dans ces espaces.) La parole est éteinte sciemment par des stratégies d’urbanisation totalisante. Ainsi ces espaces font de cette majorité silencieuse une entité indéterminée et facilement contrôlable.

Alors nait une succession de questions ; comment, dans ces ensembles à la gémellité de plus en plus flagrante, s’émancipe t’on ? Que génère cette uniformisation de la vie ? Comment se définit l’individu ? N’y a t’il pas dans ces ordres établis quelque chose de provoquant, de provocateur, de destructeur ?

Bruce Bégout, dans Suburbia explique comment ces extensions périurbaines «condensent la négativité comme jamais : l’hyperconsumérisme, la pression écologique, la violence urbaine, le repli individualiste et défensif, l’enlaidissement des entrées de ville, la peur, l’isolement, le vide culturel, l’ennui. »(Bruce Bégout – Suburbia.)

Et à tout instant peut sourdre du quotidien ordinairisé une situation, des situations extraordinaires.

L'histoire :

C’est le monologue d’un homme aux identités multiples. Stanislas, Mickaël, Franck, …il ne sait pas, ne sait plus, s’interroge.

Il habite une zone pavillonnaire.

Il y est égaré, échoué.

Son intérieur est entouré de vide. A l’extérieur, toutes les maisons se ressemblent.

Ce vide qui l’entoure semble le rassurer.

Dans une faible lueur moite et poisseuse, il ne bouge pas.

Au commencement, il n’est animé que d’un long silence visiblement introspectif. Il cherche le commencement.

Il nous donne l’étrange sensation d’avoir déjà tout dit, de ne pouvoir dire quoi que ce soit de plus, de n’avoir rien à dire. C’est extrême.

De bouger pour manifester son état de vivant, il en est un peu embarrassé. Il nous laisse l’impression d’une fausse culpabilité, celle d’être là.

Bien malgré lui, des mots dessinent sa bouche balbutiante. Il se décide à faire un voyage, sans bouger. Il se décide à marcher, sans bouger. Il se projette dans un futur proche où il sortirait de chez lui, de son pavillon blanc pour traverser le lotissement.

Son voyage mental nous entraîne alors dans les lacis de ses pensées. Ses mots se dévident en un mouvement extrêmement lent et continu. Le fil de ses paroles ne parvient pas à se situer dans le temps. D’une phrase à l’autre, il alterne le présent, le passé, le futur. Peu importe ; je suis le singe qui tisse une toile d’araignée nous dit-il plusieurs fois.

Il évoque sa difficulté d’être de ce monde, d’être dans ce monde, notre monde, celui des encore vivants.

Il évoque la rue, ses tentatives d’insertion professionnelle, son voisinage…tout semble être la cause de son présent immobile.

Mais tout cela ne sont que des vacuités, des coques vides. Il y a bien autre chose qui existe. Un futur. Son futur ; celui qui va l’emmener à traverser une passerelle et à se retrouver de l’autre côté du périphérique qu’il nous dévoile comme un final, comme un mauvais feu d’artifice ; un projet radical, monstrueux et sans retour.

Le Mensonge du Singe explore le quotidien d’un homme qui a dissous son identité dans une vie standardisée, uniformisée qu’il va tenter de bousculer, d’enrayer, de rompre dans sa monotonie. Peu à peu apparaît alors une étrangeté envahissante, fascinante et inquiétante.



L'équipe

Auteur/e : Christophe Tostain
Concepteur/trice : Christophe Tostain
Mise en scène : Christophe Tostain
Distribution : Jeu : François Xavier Malingre

Décors / scénographie : Samuel Adam
Création vidéo : Christophe Tostain
Création bande son : Christophe Tostain
Autre(s) collaboration(s) artistique(s) : Fabrice Michel

Contacts

Pour afficher les coordonnées de l'équipe artistique Compagnie du Phoenix : cliquez ici

Production

Co-production et partenariat :  Théâtre du Megapobec (Evreux)
Théâtre de l'Archipel (Granville)

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